Osons ! – Session mars 2021

Audacieux ou prudent ? Téméraire ou peureux ? On trouve un exemple intéressant dans la campagne actuelle de vaccination où l’audace a rapporté gros. Les Etats-Unis, en investissant très tôt des milliards de dollars pour le développement de vaccin, se sont donnés un avantage comparatif considérable dans la course au retour à la normalité. Les montants investis à perte sont des broutilles face à chaque jour gagné contre la pandémie. En Europe, nous avons attendu quelque assurance pour nous décider, la population craignant peut-être davantage le risque de miser sur des numéros perdants.

En Suisse et en Europe, cette culture du risque et de l’erreur fait défaut. Les échecs sont trop souvent montrés du doigt alors qu’ils devraient être salués comme des opportunités de futures réussites. Nous avons tendance à accabler celui qui a échoué et adouber celui qui, resté trop prudent, n’a rien fait. Avant de développer l’ampoule électrique, Thomas Edison a dit après 10’000 vaines tentatives : “Je n’ai pas échoué. J’ai juste trouvé 10 000 moyens qui ne fonctionnent pas.”

Cette pandémie a accéléré le changement des comportements dans nos manières de vivre, de consommer et de travailler. L’aspiration toujours plus forte à agir de manière durable également. Pour y répondre, l’esprit d’entrepreneur et l’audace seront la clé de notre futur développement. Bluefactory et le MIC, les Haute Ecoles, l’Université, Agroscope… sont les couveuses essentielles pour notre avenir. Mais la nécessité d’adaptation, voire de transformation, touche tout le monde. Notre canton, avec le plan de relance de l’économie fribourgeoise voté l’an dernier, joue son rôle en soutenant autant la formation, l’efficacité, l’innovation et de nombreux autres domaines (https://www.fr.ch/dee/plan-de-relance-de-leconomie-fribourgeoise). L’Etat lui-même, de ses services centraux à la préfecture, est aussi concerné par la transformation : être à l’écoute, plus efficace, plus agile.

Dans le fond, le déclencheur est en chacun de nous. Soyons audacieux et apprécions toutes les initiatives qui osent, elles ont au moins le mérite d’essayer. Et qui sait, elles pourraient réussir…

Joyeuses Pâques !

Christian Clément, Président Le Centre Sarine-Campagne

Session du Grand Conseil mars 2021

Pour la première fois depuis le début de la pandémie nous avons été en mesure de traiter l’ensemble de l’ordre du jour durant les 4 jours de session en terminant même une heure plus tôt le vendredi. Premiers signes avant-coureurs d’une pandémie dont on voit enfin le bout du tunnel ? J’en suis convaincu, mais soyons confiants tout en restant prudents ! Voici quelques dossiers pour votre information.

Fusion de Galmiz, Gempenach et Morat

Le Grand Conseil a soutenu à l’unanimité la fusion des communes de Galmiz, Gempenach et Morat. Celle-ci sera effective au 1er janvier 2022. Avec ses 35 km2 de surface et ses 9’300 habitants, Morat fera partie des 5 plus grandes communes du canton. Osons espérer que cette volonté de « on vit mieux et on est plus fort ensemble » montre la voie à suivre pour le Grand Fribourg.

Crédits supplémentaires pour l’année 2020

La pandémie a fait grimper les crédits supplémentaires de l’Etat de Fribourg à plus de CHF 56 millions au lieu de 18 millions en moyenne ces dernières années. 41 millions résultent de dépenses liées au Covid-19. La plus grande part va logiquement à l’HFR. Tous les montants ont été validés à l’unanimité du Grand Conseil.

Suppression des rentes à vies pour les conseillers d’Etat, les préfets et les juges cantonaux

Le Conseil d’Etat, le Grand Conseil et la commission parlementaire étaient tous d’accord pour supprimer les rentes à vies des magistrats, symboles d’un autre temps. Les magistrats seront affiliés à la caisse de pension du personnel de l’Etat. Un réajustement des salaires aura lieu afin de neutraliser les effets des cotisations à verser au 2ème pilier.

Loi sur la défense incendie et secours (LDIS)

Le parlement a voté à l’unanimité les changements au niveau de l’organisation de la défense incendie dans notre canton prônant une répartition des forces en fonction des risques et non plus des frontières politiques. Concrètement le canton sera couvert par 35 à 39 bases de départ. Les communes devront se regrouper en associations avec au minimum 30’000 habitants ou sous la forme d’un district.

Procédure accélérée pour le mandat « Faculté de droit à la Tour Henri : assez attendu »

Il est indispensable que la faculté de droit de notre Université puisse se développer comme planifié dans le secteur de la Tour Henri à l’Ouest du bâtiment de Miséricorde à Fribourg. Notre parti a unanimement soutenu la requête de procédure accélérée afin qu’une solution concrète soit trouvée pour déplacer la Fondation du Tremplin et ainsi libérer la parcelle pour que les travaux puissent enfin démarrer.

Non à la suppression du principe de remboursement dans la loi sur l’aide sociale (LASOc)

Le sujet est ô combien sensible tant socialement que politiquement parlant. Le groupe du Centre Fribourg a soutenu le Non. Notre collègue Députée Francine Defferrard a parfaitement expliqué et défendu notre position :

“L’affirmation des motionnaires selon laquelle “La dette sociale dissuade certains bénéficiaires à sortir de leur situation d’indigence, n’ayant pour seule perspective le passage d’un minimum vital à un autre” est fausse.

Depuis le 1er janvier 2017, les concepts et les normes de calcul de l’aide sociale de la Conférence suisse des Institutions de l’action sociale (CSIAS) ont par principe acquis un caractère obligatoire dans le canton de Fribourg, cela par ordonnance du Conseil d’Etat. Lorsque, comme dans notre canton, il y a une obligation de remboursement sur des revenus provenant d’une activité lucrative, les normes en question prévoient ce qui suit :

  • Lorsque l’aide a duré plusieurs années, le remboursement est réclamé au plus tôt un an après la fin de l’aide ;
  • La limite de revenus prise en considération n’est pas le minimum vital, mais un budget élargi qui prend en considération notamment deux fois le forfait pour l’entretien et les impôts ; les normes (CSIAS) elles-mêmes qualifient de généreuse la limite de revenus retenus, ce qui permet de consolider l’intégration économique et sociale ;
  • Une durée du remboursement limitée à 4 ans”

Dans le cas de gain aux loteries, d’héritage ou de vente mobilière ou immobilière, le remboursement est toujours dû.

Bien cordialement et belles fêtes pascales

Hubert DafflonDéputé, Chef du Groupe PDC au Grand Conseil